resilience professionnelle

La résilience est un mot que nous entendons partout et de plus en plus  dans notre quotidien, s’il était utilisé il y a plus de 50 ans pour qualifier des personnes qui parvenaient à sortir de situations traumatiques graves voire extrèmes, il est aujourd’hui utilisé dans le monde du travail ; on parle même de résilience face au changement professionnel. Qu’en est il ? c’est ce que j’ai eu envie de regarder après qu’on m’ait demandé d’intervenir en conférence sur ce sujet.

Quand le changement est devenu LA norme

Nous sommes le changement

Quand nous y regardons bien,  nous changeons constamment, nous aurons tour à tour été enfant, ado, jeunes adultes, parents, nous serons grand parents. Notre naissance et notre mort sont un mystère et au milieu ,avouons -le aussi, ce n’est qu’incertitude !

En vrai, chacun d’entre nous expérimente le changement, chaque jour, chaque heure. Vous n’êtes plus la même personne qu’il y a 1 semaine !

Le philosophe Héraclite , fervent défenseur de l’Impermanence de toute chose  disait cette fameuse phrase : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » et en effet, quand on s’y baigne à nouveau, ce n’est plus la même eau, la même nature et je ne suis plus le même individu. C’est ce changement qui permet au monde son harmonie

Le changement est difficile pour chacun d’entre nous car nous n’en constatons que les effets , nous ne voyons pas le changement. Nous ne nous voyons pas vieillir et puis soudain une photo, un geste et il est là le changement

Notre monde est en mutation

un monde en mutation

Ce sentiment de transformation constante a lieu parce que toutes les plaques tectoniques bougent en même temps. qu’il s’agisse  de : 

  • La transformation technologique, notre monde est devenu exponentiel et dans le métaverse le réel et le virtuel se mélangent
  • La transformation économique est immense, les cartes sont, au moment même où j’écris, rebattues : la Chine, l’Inde, et l’Afrique re définissent le centre de pouvoir
  • La plaque environnementale n’a jamais autant fait parler d’elle, nous sommes passés de l’important à l’urgence ! où que nous tournions les yeux la planète n’est que tempête, inondations et incendies…
  • La plaque sociale bouge aussi car chaque individu s’éveille. il est en quête de sens. Le monde du travail rime désormais avec santé mentale, grande démission et télétravail. 
  • Enfin, la plaque politique  au sein de laquelle on voit le pouvoir se fragmenter  ; toutes les institutions internationales sont en crise

Le changement n'est pas le problème

Le  changement est donc inévitable, il ne peut être le problème et dans les futures années il sera constant même structurel alors qu’il était plus contextuel jusque là. 

Ainsi, le vrai sujet est notre attitude face à celui-ci ! Il n’y a que deux attitudes face à ce changement, soit on est victime, et c’est Calimero qui entre en scène : « c’est vraiment trop injuste » et « je ne vois pas pourquoi je dois endurer cela » soit on en fait quelque chose. C’est la fameuse phrase de Christiane Singer « Les choses n’arrivent pas à moi, elles arrivent pour moi » C’est le contraire du fatalisme. C’est au contraire comprendre que sur mon chemin de vie ce qui arrive, aussi horrible soit cet événement, a lieu pour de bonnes raisons. il est un nouvel apprentissage, il permet à une nouvelle porte de s’ouvrir , il met la lumière sur une répétition douloureuse que j’autorise, il me montre que mon intuition est toujours juste. 

je suis responsable

La résilience : seule attitude face au changement

Résilience : essai de définition

resilience skill

Le pape de la résilience c’est boris Cyrulnik (neuropsychiatre, psychanalyste et éthologue français) Enfant juif pendant la Seconde Guerre mondiale, il a échappé à la déportation après avoir été arrêté à l’âge de 6 ans. Ses parents sont morts en déportation

Il a rendu le concept de résilience accessible au grand public, en le décrivant comme la capacité à surmonter des traumatismes, non pas en les effaçant, mais en les intégrant dans un nouveau récit de soi. 

Je vous invite à écouter le dialogue récent entre lui et Fabrice Midal sur ce qu’est ce concept de résilience  : https://www.youtube.com/watch?v=CEdwtZruLmY

  • La résilience est un processus, même une compétence que l’on peut travailler. Ce n’est pas un trait de caractère. On ne nait pas « résilient »
  • C’est cette façon de vivre les choses en se laissant traverser , en les observant calmement.
    • ce n’est pas juste “tenir bon”, c’est évoluer avec le réel, parfois même grâce à l’adversité

La résilience est un choix :

 Soit je me pose en victime et je subis ce qui a lieu ;  je deviens passive  et ma posture est celle du repli et le ressentiment devient mon action préférée. Soit  je fais de ce changement  une opportunité d’autre chose, ce que j’aime appeler un « nouveau commencement, je passe à l’action et je me ré ajuste avec ce qui est. Le faire seul (e) est difficile , c’est pourquoi donner la main à quelqu’un est essentiel dans ces moments de doutes, de peur  et d’incertitudes. recevoir un regard bienveillant et un soutien sans faille c’est ce que je vous propose dans mes accompagnements

FRANKL (médecin, déporté, resté dans les camps plusieurs années) a écrit  dans un des livres les plus influents au monde Découvrir un sens à sa vie : « on peut tout enlever à un homme excepté une chose, la dernière des libertés humaines : celle de décider de sa conduite, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il se trouve » et d’ajouter : « tout homme peut choisir ce qu’il deviendra moralement et spirituellement »

Sommes nous tous égaux face à la résilience ?

La réponse est oui biologiquement et psychologiquement et non puisqu’elle dépend beaucoup, une fois encore du regard de vos parents. Plus ils vous ont encouragé dans les risques, moins ils ont stigmatisé l’échec et plus vous êtes prêt quand le changement arrive. Il fait parti inhérente de la vie. Alors que si vos parents vibraient la peur dès que vous vous essayez à monter sur une échelle, à tenter de faire des actions autonomes faisant des habitudes ,crées avec eux, le seul modèle de sécurité plus le changement est un monstre terrifiant

La résilience se joue à 3 niveaux

  1. Au niveau individuel donc psychologique : elle se traduit par la capacité à surmonter les émotions négatives, à se reconstruire après une épreuve et à en sortir grandi. Elle implique une régulation émotionnelle, le développement d’un « bagage » de ressources internes (confiance en soi, estime de soi, capacité d’adaptation)
  2. Au niveau organisationnel : Elle se manifeste par la capacité d’une entreprise à anticiper, s’adapter et se transformer dans un environnement en constante évolution. Cela inclut ce fameux concept d’agilité qui a fait son entrée dans toutes les entreprises l’agilité des processus, la flexibilité des structures, la communication transparente et la capacité des équipes à partager une vision commune malgré les turbulences. C’est cette notion d’apprentissage continu

  3. Au niveau systémique : Elle se réfère à la capacité d’un système complexe  (constitué d’interconnexions entre divers acteurs, processus et environnements) à maintenir son intégrité et à évoluer malgré des perturbations externes. Elle met en lumière l’interdépendance entre les individus, les équipes, l’organisation et même l’écosystème plus large (économique, social, technologique). : chaque maillon collabore pour maintenir l’équilibre entre les parties , on l’a vu pendant le COVID
résilience operationnelle

Notre cerveau n'aime pas la nouveauté

Comment fonctionne t il face au changement

resilience et cerveau
  • Le cerveau est construit pour transformer une activité consciente en activité implicite grâce à la répétition (mise en place grâce aux noyaux gris centraux situés dans le cerveau reptilien). Les habitudes qui nous permettent de ne plus y penser sont le 1er frein au changement car ce sont elles qui nous permettent de libérer de l’espace pour que d’autres activités aient lieu (ex vélo… conduire..)
    • Ces habitudes représentent 80% de notre comportement (ainsi changer c’est remettre en cause des automatismes que nous maitrisons très bien)
  • Chaque personne ici face aux ré organisations, aux nouvelles décisions, aux nouveaux objectifs vit un vrai conflit intérieur . Ce n’est ni une faiblesse, ni un manque de compétence (on entend beaucoup le « il sait pas s’adapter » c’est un fonctionnement biologique bien documenté par les neurosciences 

Naissance des biais cognitifs

Le changement provoque des actions fortes et puissantes au niveau cérébral. L’agmydal est le centre intégrateur, en éveil dès qu’il y a du nouveau , de l’inhabituel, elle stoppe tout et déclenche du cortisol. Ces répétitions stressantes dans un temps long peuvent entrainer des dysfonctionnements qui s’installent dans l’organisme. La libération régulière de cortisol (appelé mauvais stress) est cause de maladies comme l’hyper tension.

Pour nous protéger le cerveau va faire naitre des biais cognitifs

  1. Biais de statu quo : « ce que je connais est meix que ce que je ne connais pas « 
  2. Biais de la négativité : Je retiens plus facilement ce qui va mal que ce qui va bien »
  3. Biais d’ancrage : « La 1ère impression reçue me manque profondément »
  4. Biais d’aversion à la perte : « Perdre 1 vaut psychologiquement 2 fois plus  que gagner 1 »
biais cognitifs et resilience

La résilience commence ici : en apprenant à connaître nos pièges mentaux pour reprendre la main sur nos décisions  et notre chemin