quel titre !

Comme cette phrase m’a interpellée alors que j’écoutais tranquillement la radio ! D’abord parce qu’elle est d’une rare poésie. Parce que bien entendu cet oxymore frappe notre cerveau. Parce qu’il fait aussi écho à l’intérieur de moi à une douleur connue de moi seule. Enfin surtout parce qu’elle dit un sentiment connu lui aussi : celui de la douceur de l’espoir. Sans comprendre, j’ai fait une pause ; on parlait à mon coeur avant de parler à ma tête, c’est suffisamment rare pour que je m’arrête.

un livre sur la résilience

Ces mots sont simplement le titre du dernier ouvrage de Boris Cyrulnik. Cet homme que j’ai toujours admiré. Celui qui m’a fait découvrir ce qu’était la résilience à la lecture des vilains petits canards. Il est celui qui m’a fait réfléchir au sens de la vie. Il m’a fait réfléchir sur le fait que nous étions chacun responsable de notre vie. Nous avons toujours le choix quelque soit les difficultés.

La souffrance, corollaire de la création

Ce titre est à lui seul un sujet de philosophie. Un sujet bien connu et tellement traité qu’on pourrait ainsi le résumer : Faut il souffrir pour créer ? La réponse est négative. Et comme il le repète en souriant « heureusement » pourtant l’inverse est vrai : la grande souffrance, le traumatisme engendre la création. (Vous voyez le plan dans votre tête : thèse – anti thèse, synthèse que de vieux souvenirs ! ) C’est ce que résume avec poésie ce titre. Ce que l’auteur explique tellement simplement : « on espere la lumière que lorsqu’on est dans le noir ». C’est à l’intérieur du tunnel qu’on décide de tout faire pour en sortir. On peut décider au contraire de s’y asseoir et d’y rester, et juste d’apprendre à vivre dans cette obscurité. Il nous parle de choix catégorique : soit on reste mort soit on décide de se mettre à vivre.

un trauma n’est pas un état traumatique

Rappelons nous toujours qu’il est une différence fondamentale entre le trauma et l’état traumatique. Le trauma c’est ce qu’on pourrait appeler le coup (et que tout être humain peut supporter). La mémoire traumatique , c’est tout ce qui est lié à ce coup « je n’ai pas de valeur » ; « je le mérite » « je n’y arriverai jamais ». Quand il écrit que l’individu fait le choix de vie ou de mort, ce n’est pas la mort au sens clinique. En revanche, si l’individu ne fait pas le choix de l’espoir, il peut enfermer son cerveau dans le passé. Il s’enferme ainsi dans le moment de ce trauma. Il choisit de vivre avec lui inlassablement et de le subir. Ainsi, il permet aux choses de se rejouer, de re commencer. Il n’est plus maître de sa vie, il devient maître de cet état.

choisir la création, c’est choisir la vie

Créer est une façon de choisir la vie. Boris Cyrulnik à ce titre s’est interrogé sur le nombre d’écrivains orphelins au XIX. Tous ont subi la perte d’un de leur parent ou des deux. La liste est longue : Balzac, Nerval , Maupassant, Victor Hugo… Ce n’est pas une coïncidence et de citer Sartre « je n’avais pas de père, j’avais toutes les libertés » . L’écriture : un exutoire sans aucun doute ! Mais ce n’est pas une thérapie, ça ne guérit pas.

Celui qui a souffert est il plus doué au bonheur ? vaste question, sans doute que le fait de l’avoir cherché, convoité, découvert, décidé et enfin cultivé : cela le rend plus précieux . Et vous où en êtes vous de votre petit bonheur ? avez vous trouvé votre place ?