Aux questions qui reviennent si souvent  : Qu’est ce qu’être soi ? s’écouter ? Comment  faire  pour me sentir bien ? qu’est ce que gérer ses émotions ?

Etre soi, c’est être vulnérable

Il est un élément de réponse pas suffisamment évoqué, me semble t il, et qui parait évident quand on écoute Brenée Brown ; c’est la VULNERABILITE. En effet, c’est un mot de plus en plus utilisé : on est passé de 80 recherches sur Google par an en 1998 à plus 8000 en 2018. Pourtant un mot que bien peu de personnes utilisent à bon escient.

Que signifie-t il ? Quelque soit le domaine qu’on lui assigne: informatique, social, psychologie, c’est immédiatement le mot de fragilité qui lui est associé. Dès lors être vulnérable c’est être fragile !

… pas fragile

Pourtant, qui a envie de mettre en avant sa fragilité… Qui va oser dire «je suis quelqu’un de vulnérable » ? Qui va dire « c’est un être vulnérable » ? Ainsi, le mot n’est pas employé négativement bien entendu mais pas positivement non plus. En principe, on l’utilise pour caractériser des personnes touchées dans leur intégrité physique ou mental , des malades, des handicapés . Et il est employé quand il s’agit d’évoquer les minorités : les femmes seules en situation de dépendance, les étrangers, les migrants…  Mais l’entrepreneur à qui tout réussi ? le dirigeant qui a une croissance a deux chiffres ? la ménagère, la journaliste, la maitresse, le chirurgien ou l’avocat ? peuvent ils se qualifier de « vulnérable » ? Vous sentez vous vulnérable ? pouvez vous vous autorisez à le ressentir, à le vivre bien ? ou serait ce simplement un aveu de faiblesse ?  

Un mot mal employé

Revenons quelques instants sur ce mot, pour être précis, et ne pas simplement l’associer à ce mot de fragilité, il convient de repasser par le latin. Vulnérable c’est  « vulnus/vulneris » qui désigne une blessure et le verbe « vulnerare » : blesser. En observant plus attentivement l’étymologie de ce mot ( génitif)  son sens se modifie et il devient celui qui peut être blessé/frappé, qui peut être facilement atteint. Par conséquent il désigne « une potentialité à être blessé ». Et là soudain on comprend mieux l’universalité de ce mot, on comprend que chaque être humain doué de pensées et d’émotions est vulnérable.

De plus, on comprend aussi que l’être humain qui n’a pas envie d’être blessé, qui ne veut pas prendre le risque d’avoir mal se coupe de sa vulnérabilité. C’est pourquoi, il aime se montrer fort , pour ne pas dire invincible. Ainsi trop se protéger c’est se couper de notre vulnérabilité ! Regardez ce que font les hommes avec un grand H ! sinon se protéger, « cacher » leurs émotions, « ravaler » leur peine, « garder pour eux » leurs difficultés…

Focus sur les études de B. Brown

Lors de ses études qui ont duré de nombreuses années, BBrown  a lu , écouté , interviewé des centaines de personnes et au bout du compte a fait deux catégories d’hommes : ceux qui croient en leur valeur , ils ont un fort sentiment d’amour et d’appartenance et ceux qui se demandent tout le temps s’ils sont assez bien. La différence entre les deux tient dans une unique chose : le 1er groupe pense qu’il mérite l’amour et l’appartenance

Deux catégories selon elle

Elle a appelé ce 1 er groupe les « sans réserve » car ils vivent et évoluent avec un sentiment profond de leur valeur. Ensuite, elle a observé ce qu’ils avaient en commun tous ces hommes et ces femmes et le principal trait que tous ont, en plus de la compassion, de la connexion c’est la Vulnérabilité.

Cela signifie qu’ils avaient conscience de leur vulnérabilité et l’acceptaient, ils pensaient qu’elles faisaient partie d’eux et même qu’elle les rendait en plus d’unique , très beaux.

Pour eux , la vulnérabilité n’est pas confortable, simplement elle n’est pas terrible, elle n’est jamais liée à la faiblesse ou à quelque chose de négatif comme aime le faire croire notre société. La vulnérabilité est nécessaire.

C’est quoi la vulnérabilité ?

Tout d’abord , vous l’aurez compris, c’est un sentiment conscient, donc c’est une volonté , une volonté de faire quand même et d’être soi. Par conséquent, c’est une volonté de prendre les risques qui vont avec.

Par exemple, c’est la volonté de dire « je t’aime en premier », de faire quelque chose sans garantie de succès , c’est la volonté de retenir son souffle en attendant le résultat d’un examen, de s’investir dans une relation qui pourrait ne pas fonctionner.

La vulnérabilité est au coeur des émotions

Si on fait un pas de plus, c’est accueillir toutes les sensations, émotions inconfortables et le faire quand même. C’est accueillir notre peur, le risque d’être vu ou jugé et le faire quand même avec enthousiaste et conscience de notre vulnérabilité.

La meilleur façon de vivre n’est elle pas d’accepter sa vulnérabilité ?

La vulnérabilité est au cœur de la honte , de la peur et de l’estime de soi ; mais c’est aussi une source de la joie , de créativité, un sentiment d’appartenance et d’amour

Se couper de la vulnérabilité, c’est se couper des émotions

En effet, nous anesthésions la vulnérabilité ( nous sommes une génération obèses, addictives au médocs, à l’alcool, sur endettés). Pourtant, on ne peut anesthésier ses émotions de façon sélectives sans anesthésier en même temps les affects , les émotions comme la joie, la gratitude, le bonheur. On est alors malheureux et on cherche un but, un sens à sa vie … le cercle vicieux se met en place

Nous devons croire que nous sommes bien comme nous sommes. Répétons nous chacun, tous les jours cette phrase : « I m enough » ce « je suis assez » c’est la vulnérabilité à l’état pur , plus positif me semble t il que le « je suis comme je suis » teinté d’une bonne dose de fatalité et d’un soupçon de négativité sans parler même du manque d’optimisme qui en découle. Détachons nous tout simplement de l’Ego.

Soyons vulnérable !